Congrès esthétique et anti-age de Monaco : interviews
(04/04/2010)
DOCTEUR PHILIPPE BLANCHEMAISON, PHLÉBOLOGUE, PARIS
Faut-il vraiment croire en l’efficacité revendiquée par les crèmes amincissantes sur la cellulite ?
L’évènement dans les crèmes amincissantes a été la publication d’une étude d’efficacité par la revue 60 millions de consommateurs (N° 385, juillet-août 2004) ; tous les médias écrits, radio et télévisuels ont repris l’information : « les crèmes amincissantes, ça marche ! ». Cela veut dire que les crèmes les plus efficaces peuvent prétendre à une amélioration de l’aspect de la peau cellulitique.
Aucune efficacité ne peut être revendiquée sur la perte de poids ni sur la perte de centimètres, mais les principes actifs adéquats peuvent agir sur le collagène d’une cellulite fibreuse ou améliorer le drainage d’une cellulite avec rétention d’eau.
Les LEDs peuvent-elles constituer un traitement efficace de la maladie veineuse ?
Les diodes luminescentes (LED) sont un moyen d’améliorer le métabolisme cellulaire. Leur efficacité a récemment été démontrée dans la cicatrisation des ulcères variqueux. Le mode d’action est une stimulation des mitochondries présentes dans les fibroblastes.
Au maximum, les LED accélèrent la cicatrisation d’une plaie variqueuse, au minimum elles stimulent la fabrication du collagène au niveau du visage, et peuvent freiner les effets du vieillissement. Bien entendu, elles sont incapables d’effacer des varices ou des varicosités.
Quelles sont les meilleures indications pour les LEDs en esthétique et dans ces indications, les LEDs sont-elles plus efficaces que les autres méthodes non invasives ?
Les deux meilleures indications des LEDs en esthétique sont le traitement de l’acné, pour lequel nous avons de nombreuses études, et les vergetures. Pour cette dernière indication, avant la lumière, aucune méthode n’avait prouvé de résultats. Les cosmétiques (en prévention et/ou en traitement) ont une efficacité limitée ; la chirurgie qui est une méthode invasive présente quant à elle des risques et des complications ; les techniques qui visent à abraser la peau, comme les peelings ou la microdermabrasion, n’agissent que superficiellement et donnent des résultats limités ; enfin, le laser n’a démontré qu’une efficacité relative et implique entre autres un risque de brûlures.
Concernant la force d’action d’une manière plus générale, les LEDs sont à positionner entre les crèmes et le laser. D’effet plus spectaculaire que les crèmes, les LEDs ne peuvent cependant pas rivaliser avec les peelings chimiques et les traitements au laser. Ces derniers sont plus efficaces mais également plus agressifs. Les LEDs sont un traitement de stimulation cellulaire, et n’entraînent ni brûlure ni processus cicatriciel.
Quel avenir pour les Spas médicaux en France (c’est-à-dire association d’un spa classique avec un cabinet médical esthétique et/ou anti-âge) ?
Le principe du SPA médical est un excellent moyen d’exercer une médecine intégrative, c’est-à-dire qui intègre à la fois la compétence de la médecine allopathique conventionnelle et d’une médecine préventive qui tient compte du terrain du patient et de ses particularités.
Les SPA médicaux se développent partout dans le monde depuis l’année 2000. On en compte aujourd’hui plus de 25 000 aux Etats-Unis. Ce concept arrive en France, en s’adaptant progressivement à la législation et à la déontologie médicale française.
DOCTEUR CLAUDE CHAUCHARD, MÉDECIN ANTI-ÂGE, PARIS
Quels sont les principaux effets secondaires de l’andropause qui peuvent nuire au bien-être et à la santé ?
L’andropause est l’équivalent de la ménopause chez la femme.
Elle correspond comme son nom l’indique à la pause des fonctions sécrétoires des hormones sexuelles chez l’homme. Cependant cette pause est très progressive, elle s’étale sur 20 ans sans jamais vraiment s’arrêter ce qui explique que l’homme conserve longtemps sa virilité et peut toujours procréer quel que soit son âge.
Alors que chez la femme, tout s’arrête progressivement certes, mais en quelques années seulement, avec une pause totale vers 55 ans.
L’andropause s’accompagne d’une liste de symptômes très désagréables pour l’homme au niveau vasomoteurs (bouffées de chaleur, maux de tête…), psychiques (dépression, irritabilité…), constitutionnels (fatigue, constipation…), urinaires et sexuels. Les risques sont aussi osseux et musculaires, avec une fonte des muscles considérable par défaut de la testostérone qui est le meilleur bâtisseur musculaire.
L’apparition de la graisse abdominale chez les hommes avec l’âge est-elle sous influence
hormonale ?
La graisse abdominale chez l’homme, c’est un peu l’équivalent de la culotte de cheval chez la femme.
Il existe une combinaison de facteurs associant arrêt de l’activité physique, excès alimentaires surtout les sucres, les féculents, entraînant une résistance a l’insuline et un risque de diabète gras. Enfin l’alcool et le tabac sont des toxines qui s’ajoutent aux autres toxines. Absorbées ou respirées, ces toxines en excès vont générer de la graisse toxique qui se dépose en priorité sur le ventre.
On parle de graisse toxique lorsque l’on évoque la graisse abdominale, ne suffit-il donc pas de la retirer chirurgicalement pour en être débarrassée ainsi que de ses effets délétères sur la santé ?
La lipossuccion abdominale est une des solutions, mais elle n‘a pas ma préférence car le problème doit être réglé dans son ensemble.
Il faut changer son alimentation, c’est un fait, mais on peut aider le patient avec des injections locales pour fractionner cette graisse toxique, la décloisonner afin de faciliter son élimination.
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Source : Nat Communication au nom du Congrès esthétique et anti-age de Monaco
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